La Croatie a toujours réveillé en moi des images de cités médiévales baignées de soleil, de toits de tuiles ocre et d'eaux d'un bleu turquoise. Alors que j'étais chez le voisin monténégrin, passer par Dubrovnik, même pour une journée, a été une véritable plongée dans l'histoire et la douceur de vivre méditerranéenne, une aventure hors du temps qui m'a envoûté dès les premiers instants.
Mon exploration a évidemment débuté par le coeur battant de la cité : la Vieille Ville. Franchir la monumentale porte Pile m'a donné l'impression de remonter les siècles. Je me suis retrouvé sur le Stradun, cette grande artère pavée de calcaire blanc qui brille sous le soleil comme s'il s'agissait d'un miroir. J'ai passé mes premières heures à me perdre sans but dans le dédale de ruelles perpendiculaires, grimpant des escaliers escarpés bordés de linge qui sèche et de pots de fleurs, découvrant au détour d'une place une fontaine gothique ou une église baroque majestueuse.
Cette grand fontaine gothique de l'architecte napolitain d'Onofrio della Cava date du 15ème siècle a été conçue comme un réceptacle où l'on venait vider les eaux d'un lac situé à 12km. C'était le seul moyen à l'époque d'avoir de l'eau potable. A ses côtés, coincée entre les remparts et le monastère franciscain, l'église Saint-Sauveur est le seul édifice religieux à avoir été épargné par le séisme de 1667.
Je continue mon chemin et découvre à l'autre bout de la Stradun, la place de la Loge. Il s'agit du centre de la vie publique depuis le 13ème siècle où sonnaient jadis les cloches en cas de danger. Côté est, la tour de l'horloge, haute de 31 mètres et au centre, la colonne de Roland, chevalier de Charlemagne, qui aurait ici combattu les Sarrasins.
Mon regard est ensuite naturellement attiré, vers le plus bel édifice religieux de Dubrovnik, sa cathédrale. Elevée au 18ème siècle, à l'emplacement d'une ancienne basilique byzantine, cette cathédrale arbore une majestueuse architecture baroque ; fronton, pilastres, dôme, statues mais c'est à l'intérieur que se situe le vrai trésor puisque c'est là que se trouvent les reliquaires en or et en argent de Saint Blaise.
Je décide de prendre de la hauteur en parcourant les célèbres remparts de la ville. Faire le tour complet de cette fortification médiévale, suspendu entre le ciel et la mer, reste un superbe souvenir. D'un côté, une mer de tuiles roses et rouges, de terrasses cachées et de clochers ; de l'autre, l'immensité azur de l'Adriatique qui vient se briser contre les rochers. Le panorama est d'une beauté à couper le souffle. Pour prolonger ce vertige, j'ai embarqué à bord du téléphérique qui grimpe jusqu'au sommet du mont Srd. De là-haut, la vue est spectaculaire : la Vieille Ville fortifiée semble flotter sur l'eau comme un navire de pierre, entourée par les îles Élaphites au loin.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les ruelles sont animées au ryhtme des pas des passants. J'ai adoré m'attabler dans une petite ruelle ombragée et regarder ce va-et-vient tout en dégustant un petit rafraîchissement dans un café suspendu à flanc de falaise au-dessus des vagues, bercé par le ressac de la mer.
Déja très touristique à la base, la ville de Dubrovnik a vu depuis quelques années, sa fréquentation exploser à cause de la série Game of Thrones. Pour celles et ceux qui ne le savent pas, toutes les prises de vue de la cité fictive de Port-Réal ont été tournées là-bas. Plusieurs lieux originaux sont donc devenus iconiques comme les escaliers des Jésuites, l'un des lieux les plus populaires de la série, grâce à la célèbre scène de la "Marche de la honte". Chaque jour, les fans prennent des milliers de photos sur ce lieu.
Ce passage à Dubrovnik a été une immersion totale dans un décor de carte postale, un équilibre parfait entre richesse culturelle et farniente maritime. Malgré l'affluence dans les ruelles étroites, la splendeur intacte de cette cité fortifiée et la clarté irréelle des eaux qui l'entourent ont rendu cette journée inoubliable.